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vendredi 21 janvier 2011

Le commerce électronique en toute sécurité



À partir de début novembre 2007, il est possible pour l’internaute marocain de réaliser en toute sécurité des transactions commerciales sur le Net. Il peut ainsi payer ses factures d’eau, d’électricité, et de téléphone. Il peut aussi acheter des produits et services de toutes sortes, proposés par les sociétés marocaines comme il pourra réaliser toutes les opérations financières avec sa banque.
Ce mode de paiement, jusque-là très peu employé au Maroc pour diverses raisons, dont le manque de sécurité qu’il présente, est-il est en train de gagner du terrain par rapport aux moyens de paiement classiques? Pas encore sûr. Aujourd’hui, animée par la volonté de relancer le commerce électronique au Maroc pour lui trouver une place dans le paysage économique national, deux sociétés s’activent dans les coulisses: Maroc Télécommerce et le Centre monétique interbancaire (CMI). Après plus de deux ans de travail, ces deux sociétés ont mis en place un nouveau système de paiement qui a pour but de sécuriser les transactions commerciales sur le Net.
Ce système, basé sur le cryptage des données saisies par l’internaute, offre de nombreux services entièrement garantis. Des services qui évitent au client les saisies multiples de ses informations personnelles, contrairement à l’ancien système, rébarbatif et fastidieux.
Le nouveau système se contente d’un code utilisateur et un mot de passe que le client choisit à son enregistrement. Ces deux codes, qui correspondent aux informations fournies au départ, seront les seuls à être utilisés lors des futures transactions.

Reconnue par toutes les banques de la place, cette nouvelle procédure a fait l’objet de nombreux tests avant sa mise en application. Samira Gourroum, directrice du Business Développement à Maroc Télécommerce, affirme que ce nouveau système, dont le lancement est programmé pour début novembre, acceptera les cartes bancaires actuelles praticables sur le TPE (Terminal de paiement électronique) en attendant qu’un nouveau parc de cartes soit fabriqué. Certaines banques, portées sur les nouvelles technologies, travaillent déjà sur la conception de nouvelles cartes exclusives à une utilisation sur Internet. «Dans un premier temps, pendant une période d’essai, certains clients seulement peuvent employer ce système pour réaliser leurs achats sur Internet en attendant que les autres les rejoignent dans une seconde étape», explique Mme Gourroum. Sa généralisation se fera en plusieurs étapes, le temps que la plate-forme soit mise en route, et le personnel technique parfaitement forme et adapté aux nouvelles règles de fonctionnement du système. Si Maroc Télécommerce garantit le stockage des informations et la sécurité des transactions sur le Net, le Centre monétique interbancaire (CMI), offre, pour sa part, sa grande plate-forme technique pour assurer la fluidité des opérations. Le centre s’emploiera également à assurer une coordination entre les banques de la place pour sécuriser les transferts d’argent.
Du côté des entreprises, prestataires de services ou de produits, une principale interrogation subsiste: Seront-elles intéressées par ce nouveau mode de paiement? Samira Gourroum pense que oui. Certaines d’entre elles, dont principalement les prestataires de services, comme Lydec ou Maroc Telecom, ne demandent qu’une solution sécurisée sur Internet pour y lancer un service de paiement. On reconnaît déjà à ces deux entreprises leur grand intérêt pour les technologies de l’information, utilisées à grand renfort pour éviter aux clients les désagréments de paiement dans les agences.
On parle déjà d’un projet ambitieux de Lydec consistant à concevoir un service Internet hautement sécurisé pour permettre aux clients branchés sur la toile de payer leurs factures. Un service que Maroc Telecom serait également en train de préparer. De même pour de nombreuses sociétés de voyage installées au Maroc ou à l’étranger ainsi que les compagnies aériennes. Ces dernières, qui traitent avec toutes sortes de clientèle, nationale et étrangère, proposent déjà des services de paiement et de réservation de billets sur Internet. Depuis plusieurs mois déjà, les voyageurs à destination ou en provenance du Maroc peuvent réserver leurs billets d’avion sur le site de Royal air Maroc. Un service qui a connu un grand succès et permis à la clientèle d’avoir accès rapidement à la réservation sans passer par un appel téléphonique.

L’internaute peut également réserver une chambre d’hôtel, une voiture de location ou encore une table dans un restaurant. Par contre, au Maroc, on ne peut pas encore acheter un produit: une chemise, un ordinateur, ou un costume.
Mais, «avec le nouveau système de paiements sécurisés, le client s’offre désormais toutes les possibilités d’achat», note Samira Gourroum. «À notre niveau, nous avons mis en place le logiciel nécessaire qui permettra de sécuriser les transactions commerciales sur Internet. La balle est désormais dans le camp des entreprises, qui devraient se mettre au diapason de cette technologie et lancer des services de paiements sur la toile», explique-t-elle. Chose encore limitée à quelques entreprises étrangères qui ont des représentations locales, lesquelles traitent seulement avec des clients étrangers.

Il faut dire que le phénomène galopant du piratage et l’absence de cadres juridiques réglementant les paiements sur le Net dissuadent encore les opérateurs à se livrer au commerce électronique. D’où son très faible volume au Maroc, qui ne dépasse pas quelques dizaines de millions de dirhams, réalisés avec des entreprises exportatrices. Maroc Télécommerce, unique entreprise marocaine qui s’intéresse au commerce électronique, réalise le plus gros de son chiffre d’affaires avec les exportateurs. Comparé à la France, qui réalise un chiffre d’affaires de près de 20 milliards d’euros sur le Net et où le commerce électronique se développe d’année en année, le Maroc vit encore dans l’époque médiévale, bloqué par un faible taux de pénétration de l’Internet dans la société marocaine et un piètre taux de bancarisation de la population. Deux grands facteurs qui n’aident pas à faire du commerce électronique ce maillon de la chaîne économique capable d’élever le rang du Maroc dans le concert des grandes nations technologiques

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